Première publication scientifique sur la Biokinergie® dans la revue Medicine
24 juillet 2026
En décembre 2024, la revue scientifique internationale Medicine (Baltimore) a publié la toute première étude clinique consacrée à la Biokinergie® : Evaluation d’une méthode de thérapie manuelle et d’acupression pour le traitement de la lombalgie non spécifique : une étude de cohorte prospective, observationnelle et non interventionnelle. Plus d’un an après sa parution, le Comité Scientifique de l’APB revient sur ce travail : ce qu’il montre, ce qu’il ne démontre pas encore, et pourquoi il constitue une étape importante à saluer pour notre discipline.
Première page de la publication originale parue dans la revue Medicine (2024).
Une première qui compte
Jusqu’à cette parution, la Biokinergie® n’avait pas encore trouvé sa place dans une revue scientifique internationale à comité de lecture. C’est désormais chose faite. L’étude, signée Gilles Ducret, Marc Guillaume, Yann Fardini, Sandrine Vejux et Hassène Chaabi, est parue dans Medicine (Baltimore), une revue indexée et évaluée par les pairs, c’est-à-dire relue et validée par des scientifiques indépendants avant publication. Elle porte sur la lombalgie commune (dite « non spécifique »), qui figure parmi les tout premiers motifs de consultation et de handicap dans le monde. Le protocole de l’étude, soumis à un Comité de protection des personnes (CPP), a été validé dans son innocuité, garantissant la sécurité des patients participants.
Au-delà de ses résultats, le simple fait qu’un travail sur la Biokinergie® franchisse ces étapes représente déjà un jalon essentiel : il inscrit la méthode dans le champ de la littérature scientifique, là où chacun (patients, professionnels de santé, chercheurs) peut la consulter et la discuter.
Ce qu’a évalué l’étude
Il s’agit d’une étude d’observation : les praticiens ont pris en charge leurs patients dans les conditions habituelles de leur cabinet, sans qu’aucun protocole ne vienne modifier leur pratique, et les auteurs se sont attachés à mesurer l’évolution de l’état des patients. (Formellement : une étude de cohorte prospective, observationnelle et non
interventionnelle.)
Cent quatorze personnes souffrant de lombalgie non spécifique depuis au moins quatre semaines (près de trois mois pour la moitié d’entre elles) ont participé entre mai 2021 et mai 2023. Chacune a bénéficié de deux séances de Biokinergie® associant thérapie manuelle et acupression, espacées de trois semaines (jour 0 et jour 21). La douleur a été mesurée par le patient lui-même sur une échelle visuelle de 0 à 100 mm, complétée par une évaluation de la gêne ressentie dans les gestes du quotidien.
Les résultats
Les résultats rapportés vont dans un sens favorable. À l’issue du suivi, l’intensité moyenne de la douleur ressentie sur 24 heures recule de 36 points sur l’échelle de 100 : une baisse trop importante et trop constante pour s’expliquer statistiquement par le seul hasard (36,0 ± 27,2 mm ; p < 0,001).
Surtout, cette amélioration est assez marquée pour être réellement ressentie au quotidien : 82 patients sur 114, soit environ trois sur quatre, rapportent une baisse d’au moins 20 points, le seuil généralement retenu pour parler d’un changement que le patient perçoit véritablement dans sa vie quotidienne. Dans le même temps, 86,3 % des participants disent avoir eu moins besoin d’antidouleurs qu’au départ, et 83,3 % se déclarent très satisfaits de la prise en charge.
Ces chiffres décrivent donc une évolution très encourageante de la douleur et de la gêne au quotidien chez les patients suivis.
Ce que l’étude ne permet pas (encore) d’affirmer
Un comité scientifique se doit de lire ces résultats avec autant de rigueur que d’enthousiasme. Plusieurs limites, tenant pour l’essentiel au format même de l’étude, invitent à en interpréter la portée avec mesure.
La principale tient à l’absence de groupe témoin, c’est-à-dire d’un groupe comparable de patients n’ayant pas reçu les séances. Sans ce point de comparaison, l’amélioration constatée ne peut être attribuée avec certitude à la seule Biokinergie®. La lombalgie commune tend en effet à évoluer favorablement d’elle-même avec le temps, et d’autres facteurs peuvent y contribuer : l’effet d’attente lié à toute prise en charge, ou encore le fait que l’on consulte souvent au pire moment, si bien qu’une amélioration suit naturellement (ce que les statisticiens appellent le « retour vers la moyenne »). L’étude documente ainsi une amélioration bien réelle, tout en laissant ouverte la question de savoir dans quelle mesure la méthode en est directement à l’origine.
D’autres éléments appellent à la nuance. La douleur étant rapportée par le patient lui-même, la mesure conserve une part de subjectivité ; le suivi, limité à quelques semaines, ne renseigne pas encore sur la durabilité du bénéfice à moyen ou long terme. L’effectif, avec 114 participants, reste par ailleurs modeste, et l’étude a été conduite au sein même de la communauté des praticiens de la méthode. Rien d’inhabituel pour un premier travail de ce type : ce sont autant de points que des réplications indépendantes viendront naturellement consolider par la suite.
Le mot du Comité Scientifique
Aucune de ces réserves ne retire à ce travail sa valeur. Cette étude, pionnière au sein d’une revue scientifique, est aussi lucide sur ses propres limites : elle assume avec rigueur et transparence que d’autres travaux seront nécessaires. La conclusion de ces travaux offre néanmoins un signal encourageant et surtout, une base sur laquelle continuer de bâtir.
Le Comité y voit un premier pas sur un chemin qui sera long : celui du renforcement, étude après étude, du socle scientifique de la Biokinergie®, et de la reconnaissance qu’elle peut légitimement rechercher auprès des autres professions de santé. Les prochaines étapes se dessinent d’elles-mêmes : des travaux comparatifs avec groupe témoin, des effectifs plus larges, un suivi prolongé et des réplications menées par des équipes extérieures. C’est précisément le type de recherche que l’APB, à travers son Comité Scientifique, a vocation à porter et à accompagner, dans un rôle d’appui méthodologique et de veille scientifique.
En rendant compte de cette publication, le Comité entend aussi saluer avec gratitude le travail des praticiens-chercheurs qui ont rendu cette étude possible et dont les efforts profitent tant aux patients qu’aux biokinergistes, présents comme futurs.
Référence de l’étude : Ducret G, Guillaume M, Fardini Y, Vejux S, Chaabi H. Assessment of a manual therapy and acupressure method as a treatment of nonspecific low back pain: A prospective, observational and non-interventional cohort study. Medicine (Baltimore), décembre 2024. PMID : 39705489. Lien de l’étude en français : https://ap-biokinergie.org/wp-content/uploads/2025/03/Etude-en-francais.pdf
Le Comité Scientifique de l’AP-Biokinergie